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Actualité
/ Actualidad :
L'imigration
en Espagne
(Rafael - correspondant en Espagne-)
Tout
le monde sait que la société espagnole a subit des changements énormes
ces vingt-cinq dernières années. Outre la fin de la dictature et l'avènement
de la démocratie qui a permis une évolution culturelle importante (la
movida española), l'essor économique (même si selon certain il n'est pas
suffisant) s'est fait également ressentir ; le niveau de vie des espagnols
s'est nettement amélioré et l'Espagne a acquis des infrastructures dignes
des pays les plus développés d'Europe.
Certain d'entre vous,
qui lisent ces quelques lignes, êtes des fils d'émigrés espagnols qui
se sont pleinement intégrés à la société française et qui ont contribué
à l'essor de la France. Beaucoup d'entre vous, également, connaissez des
personnes qui sont retournées travailler en Espagne depuis. L'imigration
est aujourd'hui au cœur du débat en Espagne.
Nous avons tous pu
lire, entendre ou voir les problèmes qui ont surgi à El Ejido (Andalousie)
il y a quelques mois. Pour ceux qui ne seraient pas au courant, nous rappelons
que l'assassinat d'une jeune femme (poignardée par un maghrébin) avait
engendré la colère des habitants de El Ejido qui ont entrepris une chasse
à l'homme, ou plutôt une chasse aux maghrébins. Ces événements ont bouleversé
l'opinion publique espagnole et ont été fortement condamnés par les autorités
de notre pays. En effet, nous pourrions comprendre que les assassinats
commis en une quinzaine de jours par certains membres de la communauté
maghrébine aient pu engendrer la colère des habitants de ce petit village,
mais cette colère n'aurait jamais dû se manifester par cette violence
barbare envers l'ensemble de cette communauté qui, pour certain, travaille
honnêtement et qui est appréciée par les Espagnols.
Bien évidemment, le
« problème » de l'immigration en Espagne ne s'arrête pas à El Ejido. Madrid
a également souffert de la violence. Le quartier de Lavapiés a pu voir
comment un groupe de quarante individus d'origine marocaine, connus comme
le « gang de la colle » souffre une guerre sanglante avec la communauté
chinoise : une dizaine de blessés et une quinzaine d'arrestations. Un
journaliste de El Mundo qui voulait éclaircir ce problème s'était rendu
dans ce quartier de Madrid où il s'est fait agresser par trois membres
du « gang de la colle » qui ont voulu envoyer un message grâce à ce journaliste
: pendant que l'un d'entre eux lui tranchait doucement la gorge avec un
canif, un autre lui disait : « Voilà ce qu'on fera à tous ceux qui mettront
le nez dans nos affaires ! ». Dans ce cas précis, et vue l'ampleur que
prennent les événements entre ces deux communautés (chinoise et maghrébine),
le maire de Madrid s'est déplacé au sein de Lavapiés afin de calmer tout
le monde et de prendre les mesures nécessaires à travers un dialogue entre
les principaux intéressés.
Il ne s'agit pas
d'utiliser ces événements pour engendrer un racisme inutile envers les
Nord-africains, mais simplement de condamner des actes barbares et délinquants
d'une minorité de marocains qui sèment la terreur parmi les habitants
espagnols, toutes nationalités confondues. Le dix mai, le représentant
de la comunauté maghrébine à Madrid a présenté ses excuses au madrilènes
et aux chinois pour les actes commis par les membres de sa communauté.
Il faut que cela cesse ! Pourquoi une personne devrait faire fasse aux
autorités et s'excuser pour des actes commis par des délinquants ? Est-ce
qu'un représentant français ou espagnol s'excuse pour des agressions faites
par ceux-ci sur leurs compatriotes ? Il y a des lois dans chaque pays
et il faut les respecter et les faire respecter, peu importe la «race»,
la religion et la provenance de chacun.
Maintenant, il faut
que les gouvernements marocain et espagnol trouvent une solution rapide
pour que les plages andalouses ne servent plus de cimetières dans lesquels
échouent les cadavres des nord-africains illégaux victimes du trafic d'immigrés.
Il faudrait peut-être que le gouvernement marocain s'assure que ses ressortissants
puissent trouver un travail dans de bonnes conditions, et avoir une vie
convenable en Espagne. Il faudrait également arrêter de parler de racisme
lorsque les autorités capturent des délinquants marocains ou des immigrés
illégaux. Il faut également mieux protéger les travailleurs marocains
qui, eux, partagent la vie de tous les Espagnols et vis versa. Mettons
fin au racisme souhaité et alimenté par certain afin de pouvoir maintenir
la violence et aidons-nous les uns les autres.
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